Le blog d'anaphores

« Je vois le monde tel que je suis. »

02 juillet 2015

« Je vois le monde tel que je suis. »

Je vois le monde tel que je suis : nous devons ce propos à Paul Eluard. Développons tout le sens qu'il revêt dans nos relations aux autres.

Tout part du fait que nous avons plutôt tendance à confondre la réalité (objective) avec la façon dont nous nous la représentons (subjective, nécessairement).

Nous construisons notre système cognitif dès la naissance : notre milieu socio-culturel, l’éducation que nous recevons, notre religion ou non, notre école, nos professeurs, nos camarades, nos expériences, nos succès, nos échecs, nos apprentissages, nos découvertes… vont participer à bâtir notre représentation du monde, c’est-à-dire la vision, la conception que nous nous ferons de notre environnement, des autres, de notre vie… Nous avons ainsi modélisé nos opinions, nos croyances, nos filtres, nos représentations, notre personnalité…

La PNL (Programmation Neuro-Linguistique) a donné un nom à ce système de données : la carte du monde.
L'Analyse Transactionnelle l'appelle, quant à elle, le cadre de référence.

L’ensemble fait de nous un être unique, parce qu’aucune carte du monde n’est semblable à une autre.

La plus-value pour nos relations de tous les jours
Nous comprenons donc que chacun est différent. Nous en avons conscience et sommes persuadés, pour la majorité, que la différence est une richesse. Mais à quel point tolère-t-on cette différence lorsqu'il s’agit, lors d’un désaccord ou d'un conflit, de faire valoir sa position, son opinion, sa volonté, sa décision ?
Soudainement, portés vraisemblablement par nos émotions, nous ne pensons plus qu’à convaincre l’autre du bien fondé de nos arguments, jusqu’à ce qu’il adhère à notre position ou jusqu’à ce qu’il nous cède…
C’est dommage, car essayer de convaincre l’autre peut altérer l'échange du moment. Vous-même n’êtes pas convaincu par ses arguments étant donné qu’ils ne correspondent pas à votre carte du monde. Alors pourquoi l’autre le serait-il davantage par les vôtres ?

Il existe d'autres façons, plus subtiles et agréables pour la relation, de faire valoir sa position, comme valider la position de son interlocuteur et rechercher ensemble une solution qui convienne à nos deux cartes du monde respectives.
Ainsi, nous accueillons en cet instant nos cartes du monde mutuelles : chacun des interlocuteurs, se sentant exister dans toutes ses raisons pour l'autre, n'en serait que plus disponible pour rechercher un terrain d'entente avec son interlocuteur ou encore réfléchir ensemble à quelque chose de constructif.

Je dis toujours, dans toutes mes formations : les outils de la communication ne vous offrent pas la garantie que ça fonctionne, mais c'est en les utilisant que vous mettez les meilleures chances de votre côté.
Ainsi, lorsqu’un individu a intégré le concept de carte du monde dans ses relations à l'autre, il a compris un point fondamental. La plupart de ses échanges avec autrui n’en sera que fluidifié. Si intégrer le concept de carte du monde ne met pas à l’abri de tous les différends et conflits, il contribue fortement à préserver l’équilibre de nos relations interpersonnelles.

Le seul "risque" est de voir s’assouplir notre jugement, si manichéen il y a quelques minutes encore, et de s’enrichir un peu plus encore, parce qu’on aura su voir qu'au-delà de nos frontières cognitives, sensorielles et émotionnelles, il y a... l'autre.